ANIMECO    Croissance instable

Fiche pédagogique "Croissance, chocs d'offre et de demande"


Auteur : I. Gautier, professeure agrégée de sciences économiques et sociales

Utilisations

L'application peut être un support de cours pour tableau numérique : les graphiques sont affichés au fur et à mesure de la progression du cours et des questions des élèves. Elle peut aussi être utilisée dans le cadre de travaux dirigés, chaque élève ou groupe d'élève recherchant les statistiques utiles pour ses démonstrations répondant aux questions posées par le professeur.
Un grand nombre de graphiques est proposé pour permettre au professeur de choisir.
Plusieurs périodes peuvent être étudiées, certaines font référence à des chocs limités dans le temps (ex : hausse ou baisse du prix du pétrole), d'autres à des périodes plus longues, liées, par exemple, à des innovations.

Mode d'emploi

Les cadres peuvent être déplacés en gardant la souris appuyée, le cadre déplacé passe au premier plan. Les cadres peuvent également être redimensionnés par appui sur le coin bas droit.

Les cadres peuvent être fermés par clic sur la croix en haut à droite.
Dans les cadres des chocs, le clic sur le point d'interrogation sur fond jaune permet d'accéder à une présentation interactive des notions.

ATTENTION : des écarts peuvent apparaître entre les données du graphique principal dont la source est l'Insee et les données internationales dont la source est www.conference-board.org.
Dans les explications qui suivent, il est précisé entre parenthèses où se trouvent les données : type de données ("Données internationales", "Choc d'offre" etc.), numéro du graphique ou son nom.

1951-1972, les "30 glorieuses"

Le graphique principal montre une forte croissance pendant cette période (aux alentours de 4 % pour la France). Les "données internationales" montrent que la france crôt plus vite que le Royaume-Uni (Eurostat ne donne pas les données pour le Japon et l'Allemagne qui croissent également rapidement d'après d'autres sources, alors que les États-Unis sont en retrait).
Il s'agit d'un "choc d'offre" lié au progrès technique et à l'accumulation du capital. Les gains de productivité sont élevés et s'accroissent même au cours de la période (Choc d'offre, graphique 1 : taux de variation de la productivité, mesurée par la Valeur ajoutée brute / emploi). La production croît rapidement particulièrement dans l'automobile (branche : matériels de transport, graphique 2), dont la production passe de 2,9 milliards d'euros constants en 1951 à 10,6 en 1972. La production d'équipement et de machines progressent encore plus rapidement.
La production devient de plus en plus capitalistique (graphique 3), malgré une augmentation non négligeable de la population active occupée d'un million de personnes.
La production de masse n'aurait pas pu se développer sans augmentation de la consommation, on a donc aussi un choc de demande. Les salaires nets constants totaux sont multipliés par 3,3 (Choc de demande, graphique 1), les prestations sociales progressent également permettant une sécurisation du revenu (maladie, vieillesse). Le partage de la valeur ajoutée favorise les salariés (graphique 2 ; note : le total ne fait pas 100 %, la différence est la part des impôts sur la production nette des subventions dans la VA). La consommation progresse (graphique 3 en milliards d'euros constants, graphique 4 les taux d'équipement des ménages en automobiles), les catégories aisées consomment par distinction les produits nouveaux,imités ensuite, grâce aux hausses de revenus et à la baisse des prix, par les catégories moins aisées. Il en résulte une transformation de la structure de la consommation (graphique 5) : les services dont les prix diminuent moins que ceux industriels voient leur part augmenter dans la consommation totale. La consommation renforce la croissance : sauf en 1958, elle contribue à plus de la moitié de la croissance (graphique 4 : par exemples, en 1950, la consommation contribue à 5,4 points de croissance, pour une hausse du PIB de 5,7 % ; en 1972, 3,6 points sur 4,5).
Les "données nationales" permettent de préciser les évolutions de grands agrégats. On remarquera (ce qui est intéressant pour la période suivante) que les gains des productivité se ralentissent au début des années 1970 (Choc d'offre, productivité).

1969-1975

Au début des années 1970, la croissance de la productivité se ralentit, alors que les salaires poursuivent leur hausse, ceci conduit à un choc d'offre (graphique 1). Les coûts des entreprises augmentent (graphique 2 : coût des consommations intermédiaires). Du fait de la concurrence oligopolistique, les prix progressent rapidement (graphique 3). La production nationale ralentit (graphique principal).
Il ne s'agit pas d'un choc de demande. Les effets nationaux sont visibles dans les "données nationales". Le ralentissement de la croissance touche aussi les autres pays développés ("données internationales"), avant le choc pétrolier qui ne débute qu'en décembre 1973 et dont les effets prennent plusieurs mois, les achats de pétrole importé étant payés à terme.

1975, choc pétrolier

Le graphique principal, les graphiques de "données internationales" et "données nationales" permettent de caractériser la situation économique.
En 1973, les grands pays connaissent une forte baisse de la croissance qui devient négative, la récession touche la France en retard en 1974 (graphique "données internationales"). Une hausse du prix du pétrole provoque à la fois un choc d'offre et un choc de demande (cf. références 1975 1 et 2).
Entre 1950 et 1972, le prix courant du pétrole baissait légèrement et celui constant était stable (source : wikipedia). Il a fortement augmenté en décembre 1973 puis 1974 (110 francs la tonne en septembre 1973, 380 francs en avril 1974 – bouton "choc d'offre", graphique 1 : prix du pétrole). Les prix intérieurs des produits pétroliers ont également augmenté, le prix de l’essence progressant plus vite que la moyenne et le fuel nettement moins vite.
Plusieurs effets immédiats peuvent être étudiés : la hausse du prix diminue les quantités importées (graphique 2 : quantités importées), mais, du fait d’une inélasticité de la demande à court et moyen terme, la baisse des quantités consommées est inférieure à la hausse des prix et le coût des importations progresse (graphique 3 : coût des importations). Il en résulte une hausse du poids des importations énergétiques par rapport au PIB (graphique 4 : importations pétrolières/PIB). L’effet négatif sur la production française n’a pas été immédiat, c’est en 1975 que la diminution de la production est nette (cf. référence 1975 3). Cette baisse est liée à deux aspects : premièrement, une hausse du coût des consommations intermédiaires (graphique 5 : prix des CI), que les entreprises répercuteront sur leurs prix du fait d’une concurrence monopolistique (graphique 6 : inflation); deuxièmement, une diminution des achats de biens nationaux quand les budgets des ménages se consacrent davantage aux achats de pétrole (essence, chauffage). Ces deux effets sont visibles dans les parties « effets » et « choc de demande ». Une hausse des prix conduit à un effet d’offre : les quantités offertes diminuent. [Il a été vu en première, que l’entreprise maximise son profit en égalisant le coût marginal au profit ; si les coûts, dont celui marginal, augmentent, pour un même prix, l’offre offerte est plus faible.]. Il en résulte une baisse de la production industrielle (graphique 7 : évolution de la production industrielle). Il est à noter que cette baisse n’a pas eu lieu en 1974 (alors que le prix du pétrole a commencé à augmenter au dernier trimestre 1973 mais seulement en 1975. Un autre effet est la détérioration des termes de l’échange (graphique 8).
Les effets sur la valeur de la monnaie sont moins évidents. Le flottement généralisé des monnaies s’est accompagné d’amples fluctuations visibles sur le graphique 9 : le franc s’était apprécié pendant le premier semestre 1973 et s’est déprécié fin 1973-début ; une nouvelle appréciation a eu lieu jusqu’à la mi 1975 suivie d’une nouvelle baisse. Les évolutions diffèrent également selon la monnaie à laquelle est comparée le franc (donc les effets sont diffférents selon les proudits importés et exportés). 1975-offre-09 La hausse du prix du pétrole provoque aussi un choc de demande négatif. La facture pétrolière ampute le revenu national et réduit la demande interne (par exemple : choc de demande, graphique 2 : réduction de l'achat de voitures neuves, graphique 3 : réduction de la part des dépenses d'équipement électriques dans la consommation effective des ménages alors que la part des dépenses de matériels de transport, incluant les carburants, augmente). Inversement, elle accroît les revenus des pays de l'OPEP qui peuvent importer des produits nationaux (graphique 4). Cependant, au total, la hausse des exportations ne compense pas la diminution de la demande intérieure.
La baisse de la demande nationale réduit ensuite la pression inflationniste, ce qui réduit la diminution de la demande.
Revenir sur les graphiques de "données nationales" et "données internationales" permet de conclure.

1981-82, politique de relance

A son arrivée au gouvernement en juin 1981, la gauche mène une grande politique de relance : hausse du SMIC (Choc de demande, graphique 1) et de certains revenus sociaux (famille, personnes âgées). L'embauche de fonctionnaires et le soutien aux secteurs en difficulté creusent le déficit public (graphiques 2 et 3). Les nationalisations et des mesures visant à favoriser l'emploi : semaine de 39h, 5e semaine de congés payés, loi Auroux accompagnent cette politique. L'effet sur la consommation est positif (graphique 4) mais les importations s'accroissent (graphique 5) : la politique française de relance s'oppose à celles des autres pays (politique monétaire restrictive) et profite aux entreprises étrangères.
L'effet limité de cette politique peut se voir avec les graphiques des "données nationales" : le nombre d'emplois a progressé (graphique "Emploi") mais insuffisamment et la hausse du chômage n'est pas enrayée (graphique "chômage"). Ceci s'explique par une insuffisance de la production française : la rentabilité des entreprises est insuffisante (graphique "rentabilité") pour supporter la concurrence étrangère. Le solde commercial (graphique "solde extérieur") et le déficit public (graphique "solde public") s'accroissent considérablement, obligeant à cesser la relance.
Les "données internationales" montrent que les politiques restrictives menée aux États-Unis et au Royaume-Uni entre 1979 et 1981 ont conduit à des dépressions.

1982-86, politique de désinflation compétitive

La contrainte extérieure à laquelle s'est heurtée la politique de relance de 1981, pousse le gouvernement Mauroy à une modification de la politique économique. Pour que les entreprises retrouvent leur compétitivité, l'inflation doit être maîtrisée (devenir inférieure à celle des concurrents européens).
Les entreprises doivent pouvoir maîtriser leurs coûts et, en premier lieu, les salaires. Les salaires du privé ne dépendent pas du gouvernement, mais, pour permettre aux entreprises de ne pas les augmenter, le gouvernement bloque les prix et les salaires de juillet à novembre 1982, puis, incite les entreprises à conduire des négociations en indexant les salaires non sur l'inflation passée mais sur celle future anticipée pour casser la boucle prix-salaires. Les négociations dans la fonction publique conduisent à un blocage des salaires des fonctionnaires. Des salaires limités (choc d'offre, graphique "salaires"), permettent de limiter les prix si les entreprises répercutent dans les prix cette amélioration : l'inflation baisse en France (graphique "inflation"). La compétitivité des entreprises s'améliore (graphique "compétitivité"*). Les exportations progressent (graphique "Exportations"). Le taux de marge des entreprises non financières progresse (graphique "rentabilité"). La répartition de la valeur ajoutée se fait au détriment des salaires (graphique "partage VA").
La politique des désinflation compétitive a des effets négatifs sur la demande (voir "Choc de demande") : le partage de la valeur ajoutée au détriment des salaires et au profit de l'EBE, réduit fortement la hausse de la consommation (graphique "Consommation") en 1983 et 1984, ce qui réduit sa contribution à la croissance.
Les "données nationales" permettent de voir que cette politique n'a pas permis de réduire le chômage. La situation économique ne se limite pas à des problèmes d'offre mais aussi à un manque de demande. * Note : La compétitivité-coût compare l'évolution des coûts salariaux unitaires de la France (évolution du coût du travail corrigée de celle de la productivité) à celle de ses partenaires de la zone.
Le poids donné à chacun des partenaires mesure la concurrence exercée par celui-ci sur chacun des marchés d'ex- portation de la France. Il prend en compte l'importance du marché pour la France (mesurée par son poids dans ses exportations) et la part détenue par le concurrent sur ce marché.
De la même manière, la compétitivité prix compare l'évolu- tion de nos prix d'exportation à celle de nos partenaires. Ces éléments de comparaison sont restreints à une zone (OCDE, UE) et ne prennent pas en compte la concurrence exercée par les pays hors OCDE, comme les PECO candidats à l'Union européenne ou encore les pays de l'Asie émer- gente. Leur concurrence s'exerce d'ailleurs bien davantage via le niveau du coût du travail qu'au travers de son évolution.
Source : Sessi

1986, contre-choc pétrolier

Les graphiques de "données internationales" et "données nationales" permettent de caractériser la situation économique.
Le prix international du pétrole (cours à Rotterdam, cf. choc d'offre, graphique 1) baisse de 30 $ en 1985 à environ 10 $ en 1986 du fait des dissensions au sein de l'OPEP, de la découverte de nouveaux gisements en mer du Nord et de la diminution de la dépendance énergétique des pays occidentaux à l'égard du pétrole (hausse du nucléaire, économies d'énergie). La baisse du dollar (graphique 2 : un indice du Franc en baisse indique qu'il faut moins de Francs pour obtenir un dollar ; c'est le cas pour toutes les monnaies du graphique de 1985 à 1987) renforce cet effet-prix.
L'effet n'est pas mécanique (cf. graphique 2) : il n'y a pas de hausse nette des volumes importés qui ne progressent que de 3 % pour le pétrole. La consommation finale d'énergie n'a en effet augmenté que 1,5 %. Les prix intérieurs n'ont pas baissé autant que ceux internationaux. Les distributeurs n'ont d'ailleurs que peu augmenté leurs stocks en prévision d'une accentuation future de la baisse des prix.
La facture pétrolière a fortement baissé (graphique 3) permettant une baisse du poids dans les importations (graphique 4) et une baisse du coût des consommations intermédiaires des entreprises en France. Cette dernière baisse est à l'origine d'un choc d'offre positif.
L'inflation régresse en France (graphique 6) et la production industrielle progresse de 2,5 % (graphique 7).
L'Insee note cependant que l'OCDE prévoyait une hausse de la production plus élevée d'autres facteurs ayant joué négativement, certains sont liés à l'effet sur la demande. Mais les politiques économiques restrictives et la montée des exportations des pays en voie d'industrialisation ont également joué.
La baisse du prix du pétrole a des effets indirects sur la demande. La dépense de carburants diminue dans le budget automobile des ménages (choc de demande, graphique 1), ce qui permet d'acheter d'autres produits, comme les voitures (neuves en particulier) ou les équipements électriques (graphique 2 : hausse de la part des dépenses d'équipements électriques dans la consommation effective des ménages alors que la part des dépenses de matériels de transport, incluant les carburants, peut diminuer ). Les pays de l'OPEP réduisent leurs achats de produits manufacturés français ("Achats extérieurs")
Revenir sur les graphiques de "données nationales" et "données internationales" permet de conclure.

2008-2009, crise du crédit

Partie des États-Unis, le choc de demande lié au désendettement s'est propagé au reste du monde. Il atteint la France en 2008, le taux de croissance des crédits ralentissent, pour les ménages (Choc d'offre, graphique 1) et les entreprises (graphique 2). L'investissement des ménages, principalement en logement, chute (graphique FBCF ménages) ainsi que celle des entreprises non financières (graphique FNCF SNF). La croissance de la consommation des ménages ralentit également (graphique Consommation). Il y a donc une baisse de la demande intérieure, à laquelle s'ajoute une baisse de la demande extérieure (graphique Exportations). La crise financière a donc des effets importants sur l'économie réelle : la France connaît la plus forte baisse de la production depuis 1950 (graphique principal), qui entraîne une hausse du chômage (données nationales) et une forte augmentation du déficit public.
La situation est similaire mais amplifiée dans les autres pays développés (données internationales).

2014-2015

La zone euro et la France connaissent plusieurs chocs qui devraient favoriser la reprise de la croissance en 2015-2016.
- Une baisse du prix du pétrole, d'autres matières premières et du taux de change de l'euro : l'origine de la baisse du prix du pétrole serait le comportement stratégique des pays exportateurs qui cherchent, en baissant le prix, à réduire l'intérêt des énergies non conventionnelles (aux Etats-Unis, le boom du gaz et du pétrole de schiste a permis d'accroître l'indépendance énergétique). Cette baisse de prix devrait accroître la croissance en 2015 de 0,3 à 0,7 point de PIB (par rapport à une croissance mondiale estimée à 3,8 %). Ce sont les pays importateurs de pétrole (Japon, Etats-Unis, zone euro) qui devraient en profiter. L'effet est à la fois un choc d'offre et de demande : la baisse des prix est positive pour les entreprises qui voient les coûts énergétiques et des matières premières diminuer, alors que la baisse du taux de change favorise les exportations. Les ménages peuvent reporter une partie du pouvroir d'achat libéré sur d'autres consommations. C'est aussi un choc de demande : la baisse des prix augmente le pouvoir d'achat des consommateurs, même si les salaires stagnent.
- Une politique volontariste et innovante de la BCE : la BCE a assoupli sa politique monétaire de lutte contre l'inflation (contrairement à la Fed). Son taux directeur est à peine supérieur à 0 %, la BCE mène des opérations de refinancement de très long terme pour favoriser la reprise des crédits (les conditions très strictes d'octroi de crédit des établissements financiers est une des causes de la faible croissance des années 2011-2014). Une reprise du crédit favoriserait la hausse de l'investissement et de son effet multiplicateur. D'autre part, la politique de la BCE a favorisé la dépréciation de l'euro face au dollar, ce qui est un choc d'offre positif pour les entreprises exportatrices.
- Une politique de l'offre mise en place par les gouvernements français : depuis 2012 et surtout janvier 2014, les gouvernements français ont mis en place des politiques de l'offre réduisant les coûts du travail : contrats d'avenir, CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi), pacte de compétitivité. Les chocs précédents devraient créer un contexte favorable à cette politique qui n'a pas donné d'effets positifs jusqu'en 2014.
L'effet de ces chocs a été limité en France jusqu'en 2015 : les ménages ont augmenté leur taux d'épargne, les entreprises ont privilégié la hausse de leur taux de marge à la baisse des prix (voir : Insee, OFCE), ce qui leur permet d'améliorer l'offre à long terme, au détriment des effets positifs de demande de court terme. L'amélioration en 2016-2017 dépendra donc des capacités des entrepries à développer l'investissement, la recherche-développement et l'innovation.

Références des statistiques générales

Références particulières

1951-1972

1975

Les effets économiques d'un choc pétrolier sont expliqués, en particulier dans :

1981-82

1982-86 : politique de désinflation compétitive

1986

2008-2009

Statistiques :
Quelques explications :

2014-2015

Statistiques :
Quelques explications :











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